Rencontre avec Céline Khadra, orthopédagogue
Comprendre comment on apprend, apaiser le stress, reprendre confiance en ses capacités…
Ces enjeux sont aujourd’hui au cœur des préoccupations des enfants, des adolescents, mais aussi des adultes.
C’est dans cette vision globale que s’inscrit ma rencontre avec Céline Khadra, orthopédagogue.
Son approche, profondément ancrée dans les neurosciences et l’observation fine du fonctionnement de chacun, vient naturellement compléter la sophrologie : là où l’orthopédagogie travaille les stratégies d’apprentissage et les fonctions exécutives, la sophrologie accompagne la régulation du stress, des émotions et de la confiance en soi.
Nos compétences sont complémentaires, et cette interview est née d’une évidence :
👉 apprendre efficacement passe aussi par un état émotionnel apaisé.
Je vous propose de découvrir l’orthopédagogie à travers l’expertise de Céline Khadra, sous forme d’un échange simple et éclairant.
Interview – Comprendre l’orthopédagogie avec Céline Khadra
Qu’est-ce que l’orthopédagogie, simplement ?
L’orthopédagogie est la profession des apprentissages.
L’orthopédagogue accompagne des apprenants de tout âge pour comprendre leurs stratégies mentales, leur façon de fonctionner, et s’appuyer dessus afin de rendre les apprentissages plus efficaces.
L’objectif est de créer des outils personnalisés, parfaitement adaptés au fonctionnement de chaque personne.
Quelle différence avec le soutien scolaire ou le coaching ?
L’orthopédagogie repose sur une formation solide en neurosciences.
On ne travaille pas prioritairement sur une matière, mais sur la manière d’apprendre.
On apprend à apprendre.
Le soutien scolaire se concentre sur les contenus, le coaching davantage sur la motivation.
L’orthopédagogie, elle, agit au cœur du fonctionnement cognitif.
Qu’est-ce qui guide votre pratique ?
Ce qui m’a toujours animée, déjà en tant qu’enseignante, ce sont les élèves qui bloquent.
Chercher le déclic, la clé qui va leur permettre de réussir.
En orthopédagogie, on ne plaque pas des théories : on explore le fonctionnement de l’apprenant, on s’appuie sur ses forces, car chacun en a.
D’où vient l’orthopédagogie ?
Elle s’est développée au Canada et au Québec, où il existe un diplôme universitaire dédié.
L’orthopédagogue intervient dès la maternelle jusqu’à l’université, en établissement ou en cabinet.
Quels sont les signaux qui indiquent qu’un accompagnement peut être utile ?
Trois signaux reviennent souvent :
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- « J’ai travaillé, mais les résultats ne suivent pas »
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- Des difficultés à se mettre au travail, notamment chez les adolescents
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- Des problèmes de concentration et d’attention
À quel moment consulter ?
Le plus tôt possible.
Plus on intervient tôt, plus on évite l’accumulation de découragement et de souffrance scolaire.
Mais l’orthopédagogie est aussi très utile post-bac ou à l’âge adulte.
Peut-on consulter sans diagnostic ?
Oui.
Un diagnostic peut aider, mais il n’est pas obligatoire.
On peut travailler sur les difficultés rencontrées, mettre en place des outils, et même accompagner la construction de PAP si nécessaire.
L’orthopédagogie est-elle réservée aux élèves en difficulté ?
Absolument pas.
On peut consulter pour optimiser ses performances, mieux comprendre son fonctionnement, gagner en efficacité à l’université ou dans la vie professionnelle.
Est-ce complémentaire d’un suivi médical ou paramédical ?
Complètement.
L’orthopédagogie peut venir en complément d’un suivi psychologique ou orthophonique, en restant centrée sur les apprentissages et les fonctions exécutives.
Comment se déroule un accompagnement ?
La première séance est un échange complet (anamnèse) avec les parents et le jeune.
Ensuite, plusieurs séances d’observation permettent de comprendre les gestes mentaux.
Un plan de remédiation est ensuite proposé.
La durée varie : de quelques séances à un accompagnement plus long, selon les besoins.
Quels outils utilisez-vous ?
Les outils sont souvent co-construits avec l’apprenant.
Cela peut aller de protocoles en mathématiques, à des trames de lecture, ou des systèmes de renforcement pour l’attention et l’inhibition.
Comment mesurez-vous les progrès ?
Les progrès sont toujours mesurés : par des indicateurs concrets (notes, comportements, autonomie) ou des systèmes de suivi personnalisés.
Quels bénéfices observez-vous le plus souvent ?
Une meilleure confiance en soi, plus de motivation, une compréhension fine de son fonctionnement.
Les jeunes deviennent acteurs et autonomes : ils savent se réguler, se recentrer, se corriger.
Quel lien faites-vous entre apprentissages, émotions et stress ?
L’émotion est centrale.
Le stress met le cerveau en mode survie et bloque les apprentissages.
C’est pourquoi une approche globale est essentielle.
Pourquoi la sophrologie est-elle complémentaire ?
La sophrologie apporte des outils concrets de gestion du stress, respiration, régulation émotionnelle.
Ce travail préparatoire facilite ensuite le travail orthopédagogique sur l’attention, l’inhibition et la planification.
La sophrologie peut également être utile pour les parents qui portent souvent une lourde charge émotionnelle.
À qui recommanderiez-vous l’orthopédagogie en priorité ?
Aux enfants et adolescents avec troubles neurodéveloppementaux, mais aussi à toute personne qui souhaite transformer ses défis en forces.
En une phrase, comment résumeriez-vous l’orthopédagogie ?
Apprendre à mieux se connaître pour apprendre à apprendre.
Le cœur de notre collaboration avec Céline : Une approche globale pour apprendre et s’épanouir
Orthopédagogie et sophrologie partagent une même ambition :
permettre à chacun de reprendre le pouvoir sur son fonctionnement, ses apprentissages et son bien-être.
Cette complémentarité ouvre la voie à des accompagnements plus justes, plus humains et plus efficaces.
Photos : VR
